calendrier prévisionnel des offices à la rentrée de la pause estivale расписание служб после летнего перерыва

vêpres le samedi à 17h00 / liturgie le dimanche à 10h30  вечерни в субботу в 17ч.00 / литургии в воскресенье в 10ч.30

Septembre / сентябрь  18/19

offices en la chapelle St Jean-Baptiste, rue des Cumines. Pour les offices suivants, consulter le site pour savoir s’ils seront célébrés à Saint André-les-Vergers, dans notre nouvelle église.

первые сентябрьские службы по-прежнему в католической церкви на улице Cumines, для последующих служб, проверить на сайте, будут ли они служится в нашем новом храме в Saint Andre-les-Vergers

Octobre / октябрь  16/17

Novembre / ноябрь  13/14

 

horaires des offices

En raison du couvre-feu, les vêpres sont célébrées à 16h00 les samedis précédant les liturgies dominicales. La participation à tous les offices est obligatoirement précédée d’une inscription préalable auprès du secrétaire de la paroisse dans la mesure où le nombre des fidèles pouvant être présents est malheureusement limité.

Из-за введения комендантского часа субботние вечерни начинаются в 16-00. Напоминаем, что посещение всех служб, к сожалению, возможно только после предварительной записи у секретаря прихода. Число присутствующих ограничено санитарными нормами.

Dimanche de l’Exil d’Adam – dimanche du Pardon Troyes 2020

Le dimanche du Pardon, le dimanche d’entrée en carême est aussi celui de l’Exil d’Adam. L’appellation dimanche du Pardon est claire. La finalité du Grand carême est double – c’est une période de préparation à Pâques, à la fête de la Résurrection du Christ. C’est aussi une période où nous fournissons davantage d’efforts, une période où nous essayons de vivre en nous rapprochant de l’idéal de vie auquel nous sommes appelés. Pour éviter le risque de sombrer dans le désespoir, parce que nous nous rendons compte de notre éloignement de la perfection, et parce que nous sommes incapables de fournir des efforts sur une trop longue durée, le Grand carême qui précède la Semaine de la Passion est limité dans le temps, même s’il peut sembler long.

Dans la prière que le Christ nous a léguée, il est recommandé de demander à Dieu de nous pardonner nos fautes, comme nous pardonnons ceux qui nous ont offensés. Il nous est annoncé aussi, sans ambiguïté, que nous serons jugés de la façon dont nous aurons jugé notre prochain. Si nous avions cela en permanence à l’esprit, si nous avions conscience des risques spirituels que nous prenons en oubliant ces recommandations, nous ferions plus attention. Le dimanche du Pardon met l’accent sur ces recommandations. L’on ne peut entrer en carême sans avoir pris conscience, en demandant pardon à notre prochain de la tendance à juger qui nous est trop naturelle.

En revanche, l’intérêt de la commémoration, en début de carême, de l’Exil d’Adam est moins clair. Il est rapporté dans la Genèse, qu’Adam, le premier homme, avec Eve, sa compagne, ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Cela signifie qu’ils étaient potentiellement parfaits, qu’ils étaient immortels, et complètement libres. La seule restriction à leur liberté était la reconnaissance de leur statut d’humains, incapables d’acquérir la connaissance sans l’aide de Dieu, tout en étant libres de choisir entre le bien et le mal. C’est ce dernier point qui est à l’origine de la chute d’Adam, chute partagée avec Eve. Ils ont voulu acquérir la connaissance, et donc la perfection, par eux-mêmes, sans se référer à Dieu et ils ont enfreint la seule règle qui leur avait été imposée. Ils ont été victimes de l’orgueil. L’on dit communément que Dieu les a alors chassés du paradis. En fait, ils s’en sont chassés eux-mêmes et ont pris « le chemin de l’exil ». Cela signifie qu’ils se sont privés de l’immortalité et sont devenus sujets à la maladie et à la tendance à choisir le mal plutôt que le bien.

Nous sommes les descendants de ces exilés. Nous sommes mortels, sujets aux maladies – physiques comme spirituelles. La finalité d’une vie chrétienne est le retour d’exil, le rétablissement de l’image de Dieu en nous. Ce retour ne peut s’opérer définitivement qu’à notre naissance au ciel, qu’à notre mort. Parfaitement conscient de notre faiblesse, le Christ indique la marche à suivre pour atteindre ce but. Cette marche à suivre est indiquée dans les Evangiles et dans les épîtres des apôtres. Nous ne parviendrons jamais à la perfection, car seul Dieu est parfait, mais dans la parabole de l’enfant prodigue, il est bien clair que le Père pardonne son fils dévoyé, alors qu’il n’a même pas demandé pardon, uniquement par amour et parce que le fils prodigue est resté complètement humble, n’attendant rien, n’espérant rien, sauf d’être traité comme les animaux de la ferme paternelle.

Cela signifie que notre retour d’exil dépend du pardon accordé à ceux qui nous ont offensés. Le rite du Pardon vraiment assumé est à la fois douloureux et libérateur. Retombons en enfance. A l’âge adulte, il ne nous est pas naturel de demander pardon quand nous avons commis une faute, parce que nous n’en avons que trop rarement conscience, ou en avons honte, comme Adam et Eve qui se sont cachés après avoir commis la faute. Les enfants qui demandent pardon ajoutent « je ne recommencerai pas », ce qu’ont omis de faire Adam et Eve. Ne reproduisons pas ce qui a été fait par le premier homme. N’imaginons pas que nous serions capables de nous passer de Dieu. Ayons l’humilité de nous en rendre compte. Evitons de juger notre prochain et pardonnons le, comme nous voudrions que Dieu et ce prochain nous pardonnent. Si aujourd’hui, à l’occasion des vêpres du Pardon, nous pardonnons de façon automatique, sans trop y réfléchir, si nous ne réussissons pas aujourd’hui à pardonner sincèrement, fixons nous comme un des objectifs de carême de travailler en ce sens. La prière pénitentielle en français et en russe peut nous aider.

Prière pénitentielle

Dans ses Mémoires d’espérance qui viennent d’être publiées, Olivier Clément compare la communion à “des grains de feu qui peuvent s’éteindre s’il n’y a pas de vie spirituelle pour les accueillir”.

            Dans nos paroisses il y a deux attitudes face à l’Eucharistie – dans beaucoup de paroisses slavophones, russes ou serbes, la communion est rare et doit être précédée d’une préparation spirituelle sérieuse. Dans la plupart des paroisses francophones la communion est fréquente, sinon systématique, ce qui répond mieux aux règles établies par l’Eglise, puisque un clerc – prêtre ou diacre peut être sanctionné s’il assiste à une liturgie sans participer à l’Eucharistie (sans raison valable). Ce qui vaut pour les clercs s’applique avec un peu moins de sévérité aux laïcs. La communion fréquente est donc non seulement un bien, mais elle est nécessaire.

            Le danger peut venir d’une certaine forme de banalisation. Une préparation “à la serbe” avec jeûne et préparation intense étalée sur une semaine équivaudrait pour ceux qui désirent communier à chaque liturgie à un carême perpétuel qui ne semble pas recommandable. Une préparation qui se limiterait au seul jeûne eucharistique depuis le samedi-minuit est insuffisante. Nous prions pour que la communion ne nous soit ni jugement, ni condamnation. Pour éviter la banalisation, certaines paroisses russes font précéder chaque liturgie d’une prière pénitentielle qui a un peu l’aspect d’une confession collective, mais n’en est pas une, et ne peut en aucun cas remplacer la confession individuelle. Les fidèles viennent à l’église une demi-heure avant le début de la liturgie et écoutent le prêtre énoncer les fautes que nous commettons tous et demandent pardon à Dieu. Les circonstances font que cette tradition ne peut être instituée que progressivement et en fonction des attentes des paroissiens. Dans notre communauté il semble difficile de la mettre en place, ne serait-ce que pour des raisons simplement matérielles. Dans un premier temps il vous est proposé de lire, si possible le matin, avant la liturgie, une ébauche de prière pénitentielle qui ne sera pas une traduction de celles en vigueur en Russie, mais une adaptation libre en fonction des réalités occidentales. Cette prière pénitentielle n’est qu’une première ébauche, très imparfaite qui sera remaniée et, si possible améliorée avec votre aide. Une “version originale” parmi d’autres est jointe à titre documentaire pour les russophones.

PRIERE PENITENTIELLE

            Nous péchons constamment contre Dieu que nous évacuons de notre vie, dont Il est absent parce que cela nous arrange. Dès que nous sommes sortis de l’église, nous vivons comme s’Il n’existait pas. Nous pensons que nous croyons en Lui, mais nous n’en assumons pas les conséquences, et nous portons un contre-témoignage, car le Christ nous demande d’être le sel de la terre, alors que par notre attitude nous permettons à ceux qui ne croient pas, d’attribuer nos défauts à l’Eglise dont nous sommes membres. Si nous croyions vraiment en Dieu, nous serions conscients de Sa présence permanente et nous pécherions beaucoup moins: qui se livre à un excès de vitesse devant un radar, ou commet une infraction devant un représentant des forces de l’ordre, ou dit en face de quelqu’un tout le mal qu’il pense de lui ?

            Nous péchons contre Dieu quand nous lui accordons beaucoup moins de temps qu’à nos loisirs qui ne sont pas, eux-mêmes, toujours sources de régénération spirituelle, quand nous préférons lire un ouvrage ou une revue médiocres ou regarder une émission tout aussi médiocre plutôt que de consacrer un peu de temps à la prière ou à la lecture des Ecritures.

            Nous péchons contre Dieu quand nous oublions de Le remercier quand tout va bien, ou en tout cas, pas si mal. Quand nos prières ne sont qu’un catalogue de requêtes égoïstes.

            Nous péchons contre Dieu quand nous avons peur de l’avenir, parce que nous manquons de confiance en Lui.

            Nous péchons contre Dieu quand nous Le tenons pour responsable des malheurs qui nous arrivent ou des épreuves que nous traversons et Lui en voulons pour cela. Nous ne comprenons pas que les épreuves sont nécessaires à notre progression. Un enfant n’apprend pas à marcher en un jour, il affronte des difficultés, il tombe avant de se relever. Il en va de même dans la vie spirituelle. Ayons la force de remercier Dieu pour les épreuves qui nous permettent de nous relever.

            Nous péchons contre Dieu quand nous Lui adressons des prières automatiques, sans réfléchir à ce que nous Lui disons, comme si nous accomplissions un devoir qui devrait Le satisfaire. Nous péchons quand nous pensons que notre présence aux offices est un sacrifice, alors que ce devrait être l’inverse.

            Nous péchons contre Dieu quand nous oublions à quel point nous sommes pécheurs, quand nous perdons la conscience de nos fautes et estimons que nous ne sommes pas si mauvais que cela. Nous péchons quand nous demandons le pardon de nos fautes sans demander notre guérison, car cela impliquerait des changements dans notre vie que nous ne sommes pas prêts à assumer.

            Nous péchons contre Dieu quand nous essayons de trouver des justifications à nos manquements envers Lui et envers les hommes, quand nous nous mettons nous-mêmes et notre bien-être au centre de nos préoccupations et ne voyons dans notre prochain qu’un instrument à notre service.

            Pardonne-nous, Seigneur, de ne pas T’aimer de tout notre coeur, de toute notre âme et de tout notre esprit et envoie-nous Ton Esprit pour nous guérir de nos infirmités, car nous ne pouvons rien sans Ton aide.

            Nous péchons constamment contre les hommes et contre nous-mêmes quand nous nous mettons en colère, quand nous restons indifférents aux souffrances des autres ou essayons de ne pas les voir pour ne pas être gênés dans notre confort personnel.

            Nous péchons contre les hommes et contre Dieu quand nous jugeons notre prochain. Nous ne nous rendons pas compte de ce que nous demandons dans la prière du Seigneur. En disant: “pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés”, nous signons notre condamnation. Pardonne-nous, Seigneur, comme nous essayons de pardonner notre prochain. Nous péchons aussi quand nous oublions les bienfaits dont nous avons bénéficié de la part de notre prochain, alors que nous gardons en mémoire la moindre vexation que nous avons subie.

            Nous péchons contre notre prochain lorsque nous le jugeons et condamnons ses fautes même réelles ou passons en revue ses faits et gestes en son absence. Pardonne-nous, Seigneur, accorde-nous la maîtrise de nos paroles, et la sagesse de ne dire d’autrui que ce que nous serions capables de lui dire en face. Cham n’avait pas inventé la nudité et l’état d’ébriété de son père Noé, mais il n’en a pas moins été maudit pour s’être moqué de lui.

            Nous péchons contre Dieu, notre prochain et nous-mêmes, car nous détruisons l’image de Dieu en nous quand nous éprouvons de l’envie, quand nous éprouvons une joie mauvaise à la vue des défauts ou des échecs de notre prochain.

            Nous péchons contre notre prochain quand nous ne parvenons pas à aimer ceux qui nous ont fait du mal. Pardonne-nous, Seigneur, et donne-nous la force au moins de ne pas les détester.

            Nous péchons contre nous-mêmes, lorsque poussés par notre orgueil, nous voulons à tout prix avoir raison.

            (prière du père Alexandre Men’):

            “Seigneur, délivre-nous du désir d’éviter les vexations, d’imposer nos opinions, de voir nos conseils acceptés, d’être félicités, d’être loués, d’être respectés, d’être les premiers, d’être aimés, délivre-nous de la peur d’être négligés, d’être soupçonnés, de ne pas être reconnus, d’être mal compris, d’être rejetés, d’être calomniés, d’être humiliés, d’être ridiculisés.

            Aide-nous, Seigneur, à accepter avec amour et à supporter que d’autres soient mieux considérés que nous, que l’on ne nous remarque pas alors que d’autres ont des marques d’attention, que nous n’ayons pas la première place, que l’on nous préfère d’autres personnes, …

            Accorde-nous, Seigneur la grâce de l’humilité et de l’amour”.

            Nous péchons contre Dieu et contre nous-mêmes quand nous éprouvons de la vanité, de la suffisance, quand nous avons des pensées impures, quand nous employons des mots choquants alors que nous aurons à répondre de toute parole que nous aurons prononcée, quand nous nous livrons à des excès en tous genres dans les domaines de l’alimentation, de la boisson ou des distractions alors que ces excès détruisent notre vie sur les plans matériel et spirituel.

            Nous péchons contre Dieu, contre notre prochain et contre nous-mêmes quand par notre négligence ou notre consommation excessive nous contribuons à la destruction de la planète qui nous été confiée par Dieu, ou à l’appauvrissement des populations qui sont déjà pauvres.

            Nous savons que nous sommes faibles et que nous ne pouvons rien faire sans Ton aide, Seigneur. Envoie-nous Ton Esprit afin qu’Il nous guide dans notre vie, qu’Il nous guérisse de nos infirmités et nous permette de communier aujourd’hui sans que cela nous soit un jugement ou une condamnation.

Amen

La prière pénitentielle qui a été proposée pendant le carême pour permettre, entre autres, une meilleure préparation à la communion a été parfois perçue comme culpabilisante. C’est un bien si l’on ne reste pas au seul aspect culpabilisant qui n’est qu’un moyen pour aider à progresser dans la vie spirituelle.

Cette prière est une liste très incomplète des péchés que nous commettons tous à un moment ou un autre, parfois en permanence. Elle est un rappel douloureux de notre situation de pécheurs. Les Ecritures insistent sur les deux commandements essentiels – il faut aimer Dieu et aimer son prochain. Tous les autres commandements en découlent. Si l’on s’en tient à une vision superficielle de notre situation, la conclusion est que nous ne nous en tirons pas si mal. Dans les milieux chrétiens, à de très rares exceptions près, qui va penser ou dire qu’il n’aime pas Dieu et qu’il n’aime pas son prochain ? A la rigueur, il n’est pas trop difficile d’admettre que l’on n’aime pas trop un prochain concret. Si on l’admet, on ajoute immédiatement les raisons objectives pour lesquelles ce prochain n’a que ce qu’il mérite – de notre part. Il y deux types de christianisme – l’un qui apaise, qui tranquillise, qui n’incite pas trop à se poser de questions, en un mot qui endort. C’est l’attitude du frère de l’enfant prodigue, c’est celle du jeune homme riche qui observe les commandements et demande au Christ ce qu’il faut faire de plus pour obtenir le Royaume. Il y a un autre christianisme qui est beaucoup plus dérangeant, qui nous place constamment devant nos responsabilités, qui nous met dans une situation d’instabilité permanente. C’est le vrai christianisme, mais nous avons une sainte horreur de l’instabilité, du déséquilibre qu’elle engendre. Nous voulons des résultats concrets et définitifs, nous avons soif de compliments et de signes qui nous indiquent que nous sommes sur la bonne voie. Or rien n’est acquis définitivement. La vie spirituelle est un combat permanent, elle exige un travail sur soi constant dont on ne voit pas la fin. C’est le contraire du repos, c’est l’inverse de ce à quoi tout le monde aspire naturellement.

Dans son immense sagesse l’Eglise-institution prévoit des plages d’activité spirituelle plus intense – les carêmes, les mercredis et les vendredis, c’est à dire près de la moitié de l’année, et des plages de repos relatif, parce que personne n’est capable de fournir des efforts intenses et continus sur toute une vie. Et si quelqu’un était capable de le faire, il y aurait de fortes chances pour qu’il sombre dans l’orgueil. C’est l’orgueil qui a fait tomber le premier homme. L’attitude chrétienne, c’est de prendre conscience de nos innombrables fautes, c’est aussi d’avoir l’humilité des saints qui ont compris que seuls, sans l’aide de l’Esprit, nous ne sommes capables de rien. En cas d’amélioration, le seul mérite que nous puissions nous attribuer est celui d’avoir laissé l’Esprit agir par notre intermédiaire. Cela va contre notre nature profonde et ce n’est pas gratifiant. Cela ne devient gratifiant que lorsque nous avons procédé à une révision complète de nos valeurs, quand nous sommes passés d’un christianisme de confort à un christianisme authentique. Le Christ nous a avertis – la voie est étroite, le chemin est difficile, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Le but qui nous est fixé est impossible à atteindre. Mais ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Il pallie nos insuffisances. Nous sommes aussi infiniment imparfaits que Dieu est parfait. Acceptons l’aide que Dieu offre en permanence et laissons agir l’Esprit Saint en nous. Nous n’atteindrons jamais la perfection, mais nous avancerons sur la bonne voie. Il y aura des chutes et des rechutes. Si notre progression nous paraît facile, c’est que nous faisons fausse route, mis à part quelques instants trop rares de grâce particulière qui sont donnés pour permettre de tenir. Demandons à l’Esprit la force de ne pas dévier, d’accepter les chutes comme un mal nécessaire pour nous rappeler notre imperfection. La notion de repos éternel suppose que, de notre vivant, le repos sur le plan spirituel n’est pas vraiment prévu. Et n’oublions pas que le Christ n’est pas venu pour ceux qui se prétendent justes, mais pour ceux qui se reconnaissent pécheurs.

Покаянная молитва о. Владимира Лапшина

Общая покаянная молитва   о. Владимир Лапшин

Мы постоянно согрешаем перед Богом тем, что забываем о Нем в суете нашей жизни. Даже нельзя сказать, что и забываем — ведь забыть можно того, кого знаешь, кого помнил, а в нашей жизни чаще всего Бога просто нет. Мы не можем Его забыть, потому что мы Его и не знаем, потому что мы никогда Его и не помнили. Мы не раз с вами говорили о том, что в нашей жизни есть религия. В нашей жизни, может быть, даже есть идея Бога, есть определенные представления о Боге, есть определенные правила, религиозные предписания — то есть все то, что можно назвать религией. Но нет Бога. Нет Бога Живого, Бога, Которого бы мы любили, Бога, с Которым бы мы общались, Бога, Которого бы мы слушали, Бога, которому бы мы доверяли свою жизнь, Бога, за Которого мы готовы были бы умереть. Ведь что такое любить? Любить кого-то — это, значит, быть готовым отдать жизнь свою за этого человека. Или — за Бога. Первая заповедь — Господь говорит: «Возлюби Господа Бога твоего всем сердцем твоим, всею душою твоею, всем разумением твоим» — вот эту-то заповедь мы не исполняем. Мы не любим Его, потому что Его просто нет в нашей жизни. Но самое страшное — то, что мы порой просто и не хотим Его знать. Мы не хотим, чтобы Он был в нашей жизни. Нас вполне устраивает религия. Нас вполне устраивают правила, которые мы можем выполнять, а можем не выполнять — мы всегда найдем себе оправдание: почему я не исполнил ту или иную заповедь, мы всегда найдем себе какие-то смягчающие обстоятельства, если нам не удалось выполнить то или иное религиозное предписание. А что будет, если в нашу жизнь ворвется Бог? Если Он начнет действительно владычествовать, если Он действительно проявит Свою силу и власть — да что же это за жизнь будет? Зачем это нужно? И мы не впускаем Его. Мы не знаем Его, и знать не хотим. Конечно, мы Ему прямо этого не говорим, мы не говорим Ему: «Я Тебя не знаю, и знать не хочу. Я Тебя не люблю и не хочу любить. И не хочу за Тебя умирать и не хочу жить с Тобой», — конечно, мы до такой наглости не доходим. Но всей своей жизнью, всем своим поведением, всеми своими отношениями мы свидетельствуем именно об этом. Мы это прикрываем благочестивыми словами, благочестивыми молитвами, которые вычитываем по молитвеннику. Ведь мы с Ним не общаемся: любить кого-то — это, значит, быть в постоянном общении с этим любимым. Это значит — постоянно с ним говорить, его слушать. Может быть, просто быть рядом, чтобы сердца бились в унисон. Но в нашей жизни этого нет. Но мы понимаем, что вроде что-то должно быть, поэтому вот это общение, вот эту подлинную молитву мы заменяем молитвословием, молитвенным правилом: отбарабанили утреннее правило — ну и хорошо, вроде я помолился, отбарабанили вечернее правило — вроде бы и замечательно. Но это же… это же страшная подмена, это ложь. Это ложь. Это не молитва, это не общение с Богом, это не проявление любви. Представьте себе — здесь люди все взрослые — что вы кому-то … ваш муж или ваша жена, или просто любимый человек, и вот была любовь — сколько красивых слов вы находили! Вам не нужен был Пушкин, вам не нужен был Шекспир, вам не нужны были сонеты Шекспира, вы обходились своими словами, вы находили простые и в то же время красивые, удивительно глубокие слова для того, чтобы передать свою любовь. И потом что-то куда-то исчезло. Но вы понимаете, что общение-то должно какое-то быть. И вот вы отделываетесь дежурными фразами, какими-то дежурными словами. Можете стихи прочитать. Но вы прекрасно понимаете, что любви-то нет. И что это ничего не передает, это просто затыкает дырку в бублике, это заполняет паузу неловкую. Вот то, что мы называем молитвой, то, что мы называем нашими отношениями с Богом, то, что мы называем нашей духовной жизнью — это и есть вот эта дырка от бублика, которую мы пытаемся заполнить. Это и есть заполнение паузы. Мы должны это понять. Мы должны это признать, честно. Лучше честно сказать: «Да, Господи, все на самом деле так, все так катастрофически, все так страшно. Но я не хочу, чтоб так было, я понимаю, что так нельзя. Помоги мне Сам, хочу я или не хочу. Помоги мне, спаси меня, вытащи меня!» И это будет честнее, это будет правильно, вот тогда действительно что-то в нашей жизни будет происходить, меняться. А ведь можно годами, годами замазывать вот эти трещины, щели, прикрывать, маскировать все это. Видимым благочестием. А потом с ужасом понять, что десять, двадцать, тридцать лет прожил, пробыл в Церкви, ходил в церковь — и ничего не произошло. Люди приходят, часто порой говорят, с ужасом говорят: «Я стал хуже, чем я был когда-то». Может быть, реально, действительно. Не в том смысле даже, что мы стали совершать какие-то более страшные поступки, нет. Это не так страшно на самом деле. Это не так страшно. Страшно — когда мы вообще просто перестаем что-то замечать. Страшно — когда мы просто перестаем что-то чувствовать. Страшно — когда наступает отупение, окаменение сердечное. Отупение чувств — вот что страшно. Это — то, что обличал Господь, Он постоянно говорил: «Горе вам! Горе вам, книжники и фарисеи, горе!» Потому, что действительно, Живого Бога они заменили книгами, обрядами, предписаниями, молитвословием и так далее. Но ведь это все в нашей жизни, все то же самое. Все то же самое.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем тем, что постоянно забываем благодарить Его за те испытания, за те скорби, за те трудности, которые Он посылает в нашу жизнь. Мы никак не хотим понять, принять, смириться с тем, что вот это и есть то, что нам сегодня более всего необходимо. Ведь мы, в конечном счете, хотим, хотим где-то в глубине, в самой глубине, там, где дыхание Божие живет в каждом из нас, то, что от Духа Божия — вот в той глубине каждый из нас хочет все-таки соединиться с Богом. Каждый из нас все-таки хочет спасения. Но спасение невозможно без духовной работы. Спасение невозможно без духовного возрастания. Мы не раз говорили, что Царство Божие — это не царство калек, духовных и нравственных уродов. Царство Божие — это царство святых, это царство совершенных, это царство обоженных людей. И этими святыми, совершенными, обоженными должны стать мы. И мы не раз с вами говорили о том, что мы мало, что можем для этого сделать. Бог дает нам обожение, Бог освящает, Бог совершенствует. Но Он это делает через те испытания, через те скорби и трудности, через которые мы должны пройти. Такая духовная работа. Господь ставит задания, Господь создает эти условия, Господь разрабатывает методику, скажем так, но делать-то мы должны. С Его помощью, по Его советам, по Его наставлениям, следуя за Ним. Но — мы. За нас этого никто не сделает. И мы должны были бы благодарить Бога за Его доверие к нам, за то, что Он дает этим испытаниям входить в нашу жизнь. Но вместо благодарения — ропот, ворчание, постоянное недовольство…

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем тем, что, не желаем понимать или принимать эти, по сути, самые начала христианства. Ведь то, о чем я сейчас говорил, это не какие-то вершины духовной жизни, это не какие-то тайны откровения Божия — это начала христианства, это самые азы, это то, о чем должны говорить в первый день в первом классе детской воскресной школы. Это — то, с чего христианство начинается. Господь говорит: «Если кто хочет следовать за Мной, кто хочет быть христианином — отвергнись себя (то есть: забудь о себе), возьми свой крест и иди за Мной на Голгофу». Христианство — с этого только начинается. Но мы не хотим. Не хотим, чтобы оно начиналось в нашей жизни. Мы не хотим креста, мы не хотим Голгофы, мы не хотим следовать за Христом. Поэтому мы просто подменяем христианство языческой религией. Ведь то, во что мы превращаем христианство, то, что порой мы называем православием — это самый примитивный шаманизм, и мы не раз об этом с вами говорили.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем и против людей. Согрешаем той же нелюбовью: как мы не любим Бога, мы точно так же не любим и людей. Мы бываем равнодушны к страданиям других, бываем жестоки, очень часто гневаемся, раздражаемся.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем осуждением других людей, тем самым, осуждая самих себя. Ведь Господь говорит: «Не судите! Не судите, и не судимы будете. Каким судом судите других, таким судом и вас будут судить. Какой мерой мерите другим, такой мерой и вам отмерится».

Мы согрешаем порой завистью к другим людям, согрешаем злорадством, согрешаем какими-то гнилыми, грязными, ненужными словами, ложью, наговорами, слухами, сплетнями, пересудами, порой даже не считая это грехом. Очень часто какие-то пересуды, обсуждения кого-то становятся нормой нашей жизни. Мы постоянно начинаем наши разговоры: «А ты знаешь, вот он (или «она») вот то-то и то-то, а вот он-то…» Мы много раз с вами говорили, что говорить о ком-то за его спиной — это грех. Это грех. И мы постоянно это делаем, мы постоянно этим грешим.

Господи, прости нас грешных!

Мы согрешаем тем, что очень легко обижаем других людей и очень легко обижаемся сами. Но очень трудно прощаем. Очень трудно прощаем. Хотя нам с вами Господь говорит: «Прощайте! Прощайте — и прощены будете». Каждый день мы помногу раз читаем молитву «Отче наш» или, по крайней мере, должны были бы ее помногу раз читать. Мы произносим слова: «И остави нам долги наша яко же и мы оставляем должником нашим», — то есть: прости нам наши грехи так, как мы прощаем другим людям. Но ведь мы сами-то не прощаем. С трудом прощаем. То есть, тем самым мы себе подписываем приговор. Мы сами, читая эту молитву, тем самым говорим Богу: «Господи, Ты видишь: я не прощаю — и Ты мне не прощай. Вот так, как я не прощаю, так и Ты мне не прощай», — вот ведь что мы произносим. Мы порой тараторим эти слова, не вдумываясь. Давайте сейчас хотя бы вдумаемся. Давайте сейчас хотя бы, перед началом этой Божественной Литургии поймем, что нельзя жить с обидой, нельзя жить с немирным сердцем. Давайте будем молиться, давайте будем сейчас пытаться простить тех, кто обидел нас, и просить у Бога прощения.

Господи, прости нас грешных так, как мы сейчас пытаемся простить согрешившим против нас!

Господь заповедал нам любить врагов наших. Давайте вдумаемся в эти слова: «любить врагов». Павел говорит о любви: «любовь долготерпит, любовь милосердствует, любовь покрывает все, любовь все прощает, любовь не ищет своего», не ищет своей выгоды, какого-то своего интереса. И вот мы так должны относиться к врагам нашим. К тем, кто нам вредит, к тем, кто делает что-то подлое по отношению к нам. Если мы честно посмотрим на свои отношения с людьми, то мы увидим, что мы даже к родным, к близким — то есть, к тем людям, кого мы безусловно должны любить — даже к ним мы так не относимся. Даже в отношении к ним мы бываем жадными, расчетливыми, нетерпеливыми, бескомпромиссными.

Господи, прости нас грешных!

Мы очень часто согрешаем гордыней, тщеславием, самомнением. Мы согрешаем тем, что отягощаем свою душу дурными помыслами, нечистым воображением.

Мы согрешаем и тем, что убиваем свою жизнь своим телесным невоздержанием. Невоздержанием в питье, в пище, в развлечениях, в удовольствиях.

Господи, прости нас грешных!

Родные мои, давайте будем сейчас молиться, давайте будем молиться, просить у Господа прощения за все то, в чем мы действительно виноваты. Давайте будем молиться, просить Его об исцелении от наших духовных и душевных немощей, с которыми мы сами не справляемся. Ведь все то, о чем мы сейчас с вами говорили — в лучшем случае, мы можем видеть в себе это, мы можем сожалеть о том, что в нас это есть, но мы ничего не можем сделать для того, чтобы этого не было. Никто из нас сам не может справиться со своей гордыней, никто из нас сам не может справиться со своей раздражительностью, или гневливостью, или болтливостью, или лживостью. Это невозможно человеку. Но невозможное человеку возможно Богу. Господь может омыть, очистить, исцелить, но только при одном условии: если мы будем этого хотеть, если мы будем этого жаждать, если мы будем к этому стремиться всей своей жизнью. Если мы будем этого хотеть каждой клеточкой своего тела, каждой клеточкой своей души — тогда это обязательно придет. Может, не сразу, не вдруг, но придет. Давайте будем сейчас молиться, просить Господа о том, чтобы Он дал нам сегодня возможность неосужденно подойти ко Святой Чаше, не по нашим заслугам, не по нашим каким-то достоинствам — их просто нет у нас — а исключительно по Его милости, по Его любви.

Давайте будем молиться.

5-ème dimanche de carême Troyes 2016

 Dimanche prochain, nous fêterons l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem qui sera suivie de la semaine de la Passion qui aboutira à la fête de la Résurrection du Christ. Le Grand carême est un temps de prière, de jeûne et de méditation. Pendant le carême, nous essayons de vivre comme nous devrions vivre en permanence, tout le reste de l’année. Faisons le point. En quoi nous distinguons-nous de ceux qui ne sont pas chrétiens ? En quoi nous distinguons-nous des chrétiens dont le chemin est plus ou moins différent du nôtre, même si nous allons dans la même direction ? Et enfin, sommes-nous vraiment ecclésialisés ?

L’ecclésialisation de notre vie, préconisée par nos prédécesseurs dans l’Archevêché, fait partie de l’héritage que nous avons reçu du Concile de Moscou de 1917-1918. La racine de ce mot est « ecclesia » – « église » en grec. L’Eglise, cette construction mystique dont le Christ est la tête et les vivants et les défunts sont le corps, est aussi l’institution humaine, fondée par le Christ. L’ecclésialisation de notre vie est notre participation à cet édifice à la fois mystique et humain. Elle est un mode de vie, complété par une prière, par un dialogue avec Dieu à la fois individuel et collectif. L’ecclésialisation ne s’arrête pas dès que nous sommes sortis de l’église avec un « e » minuscule. Elle se manifeste aussi, ou ne se manifeste pas dans notre quotidien.

Quelle part accordons-nous à « l’individuel », quelle part accordons-nous au « collectif », et à l’Eglise-institution ? La tentation est grande de se passer d’intermédiaire, avec l’illusion que l’on peut avoir, tout seul, une relation directe avec Dieu. Dans la prière que le Christ nous a léguée, nous n’utilisons que la première personne du pluriel – nous nous adressons à « notre Père». Dans la prière à l’Esprit Saint, dans la prière au Roi céleste, c’est aussi le « nous » qui est utilisé. Dans ces deux prières, il ne s’agit pas d’un « nous » littéraire, il s’agit d’un « nous » collectif qui désigne l’ensemble que nous constituons dans l’Eglise. Le Christ a dit à Ses disciples que « là où deux ou trois seraient réunis en Son Nom, Il serait au milieu d’eux ». C’est en s’appuyant sur ces paroles qu’au cours de la liturgie, le célébrant annonce aux fidèles : « le Christ est parmi nous » et qu’ils répondent : « Il est et Il sera ». Que ce soit dans les litanies ou dans presque toutes les prières, la 1-ère personne du pluriel prédomine très nettement sur la première du singulier. Nous ne passons à la première personne du singulier, nous ne passons au « je », qu’à deux moment de la liturgie : dans le credo : « Je crois en un seul Dieu, (…) et dans la prière avant la communion : « Je crois, Seigneur et je confesse, que Tu es en vérité le Christ, le Fils du Dieu vivant, venu sauver les pécheurs dont je suis le premier ». Le « je » est la marque d’un engagement personnel. Mais nous nous engageons tous ensemble.

Quelles conclusions peut-on tirer de tout cela ? La foi ne peut être qu’individuelle, mais elle n’a aucun sens si elle est centrée sur notre seule personne. La prière doit également, impérativement, être collective. On ne peut faire abstraction de son prochain. D’ailleurs, un prêtre orthodoxe n’a pas le droit de célébrer seul. L’Esprit est, certes, présent en tout lieu, et la prière individuelle est nécessaire et incontournable. Mais le Christ nous demande de la compléter par une prière collective, dont nous ne pouvons faire l’économie. L’une ne va pas sans l’autre. Et la vie spirituelle est plus que bancale, si l’on privilégie la prière individuelle, si l’on estime que l’on peut se passer de la prière collective en Eglise.

Dans la liturgie de Saint Basile nous prions pour ceux qui se sont absentés pour « de justes raisons », pour des raisons de santé ou de force majeure. Cela veut dire que dans la plupart des cas, quand nous n’allons pas aux offices pour «convenances personnelles», pour ne pas dire autre chose, nous nous mettons en dehors de l’Eglise (avec un E majuscule). Le carême est là pour nous aider à retrouver le bon chemin, essayons d’en tirer profit, sans oublier que dans notre paroisse, avec des vêpres et une liturgie mensuelles, le régime est plus que léger par rapport aux normes orthodoxes en vigueur. Gardons à l’esprit que les offices nous apportent plus de bienfaits qu’ils ne nous demandent d’efforts, et que les négliger est dangereux sur le plan spirituel.

Dimanche de Zachée  Troyes 02 / 2016   Lc 19, 1-10

         Nous sommes tous des « Zachée ». Mais qui était Zachée ? Il était le représentant de tout ce qui était rejeté par ses contemporains. Il était riche dans une région où presque personne ne l’était, dans une région où une vie frugale, une vie modeste était la norme. Et sa richesse était le résultat de malversations. La plupart d’entre nous n’entrent ni dans la catégorie des riches, ni dans celle des voleurs en cols blancs. Alors en quoi sommes-nous des Zachée ? Nous le sommes, parce que nous nous péchons en permanence, parce que nous sommes tous des pécheurs. Si nous n’en avons pas conscience, il faudrait alors que nous nous inspirions de l’humilité de Zachée – il veut absolument voir le Christ, mais ne se sent pas digne de l’approcher. Il ne se met pas au premier rang à Son passage, comme il pourrait le faire en tant que notable, il grimpe sur un arbre, sans avoir peur du ridicule. Il fournit un effort inouï – imaginez le directeur des impôts ou un haut-fonctionnaire de Troyes grimpant sur un réverbère ou un arbre, au passage d’un prédicateur qui prêcherait dans les rues de la ville. Notre présence aux offices, elle ne demande pas ce genre d’effort, et pourtant …

Il faudrait aussi que nous nous inspirions de la conversion de Zachée. Il est tellement surpris que le Christ S’invite à Sa table qu’il décide de changer de vie. Lorsque nous participons à la liturgie, nous aussi répondons à l’invitation de Dieu qui nous invite chez Lui, dans Ses demeures que sont les églises de pierre ou de bois bâties par les hommes pour L’accueillir. En cela, nous invitons également le Christ à venir chez nous, et en nous. L’invitation est double, mutuelle.

Il arrive parfois, malheureusement, qu’à l’invitation à la liturgie, soient préférées les invitations du monde. Nous rendons-nous compte de ce que cela signifie ? Aurions-nous honte de donner la priorité à la vie ecclésiale ? Ressentons-nous le même sentiment d’indignité qu’a éprouvé Zachée, ou bien oublions-nous à quel point nous sommes pécheurs, à quel point nous sommes loin de la perfection à laquelle nous sommes appelés – ce qui devrait nous empêcher de dormir ? Estimons-nous que c’est à nous que le Christ devrait être redevable, parce que nous avons sacrifié notre dimanche matin ? Et si, par bonheur, ce n’est pas le cas, si nous nous rendons compte que nous ne méritons pas plus l’indulgence du Christ, que Zachée ne l’a méritée, que faisons-nous en sortant de l’église, que faisons-nous après l’office, dans notre quotidien, pour changer notre vie, comme Zachée a changé la sienne, pour mettre notre vie le plus possible en accord avec ce que Dieu attend de nous ?

Dieu n’attend pas de nous que nous devenions parfaits, Il sait, et les apôtres savaient que cela est impossible, mais Il attend que nous fournissions au moins des efforts, et sans attendre une quelconque récompense.

Les portes du Royaume sont étroites, le Christ les a comparées à celle d’une porte d’entrée à Jérusalem, trop basse pour que les chameaux puissent passer debout et avec leur chargement. Et dans la parabole du « Serviteur inutile », Il nous fait comprendre que si nous parvenons à quelques résultats, nous ne faisons que ce qu’il faut et ne devons en attendre aucune gloire. Malgré ces deux avertissements formulés par des paraboles, continuons de fournir des efforts, même si nous ne constatons que peu de progrès, sachant que si nous le faisons, Dieu compensera nos insuffisances, parce que ce qui est impossible aux hommes et possible à Dieu.

Nous allons entrer la semaine prochaine en période de pré-carême. Il est difficile à raison d’un office par mois de s’en rendre compte. La lecture, en fonction des possibilités de chacun des textes quotidiens, ou au moins hebdomadaires, indiqués dans le calendrier liturgique, aide à cette préparation. Le chemin vers l’ascèse physique est lui aussi progressif. Il se fait en douceur. Le dimanche 6 mars est celui du carnaval c’est à dire de l’adieu à l’alimentation carnée. Commence alors la semaine des laitages et du poisson, auxquels on renonce à leur tour le dimanche du Pardon.

Message de Noël 2015 de Son Excellence, Évêque de Charioupolis,Vicaire Patriarcal et Locum-tenens

(JPEG)Chers Révérends Pères, frères et sœurs,

Nous entrons dans la période préparatoire de Noël, le jeûne de l’Avent est déjà commencé, aussi sommes-nous orientés maintenant vers la célébration d’un événement qui a changé le cours du monde : la naissance de Dieu selon la chair. Poser une telle affirmation ne relève que de la foi et non de la rationalité. Celui qui la pose fait un choix, engage sa vie tout entière.

Or le Christ ne naît ni à Rome ni à Athènes. Il n’a choisi ni le pouvoir ni la richesse. Il n’a même pas choisi Jérusalem, la « Ville » où réside la présence de Dieu dans le Temple. Le lieu qui a entendu la première respiration du Dieu fait homme, c’est l’humble grotte de Bethléem. De même le choix du Christ ayant fait de nous des citoyens de Bethléem, nous devons faire nôtres l’humilité et la pauvreté de la grotte. Dieu a fait de cette bourgade méprisée et inconnue des hommes le lieu par excellence de sa révélation. Il a choisi ce qui n’était rien, ce qui était pauvre, ce qui était vraiment humain pour dire aux hommes que Lui, le Dieu Créateur, voulait aussi être comme l’homme, vivre avec lui, assumer toute l’angoisse, la pauvreté, la tragédie de l’homme, du petit homme que nous sommes tous. Noël c’est cette grotte, cette paille, ces humbles animaux et deux être pauvres mais pleins de confiance qui regardent cet enfant que les anges proclament comme : « un Sauveur vous est né ».

Car la naissance de Jésus à Bethléem n’est pas qu’un événement historique, perdu au fin fond de l’histoire, et qui ne me concernerait pas, moi l’homme du vingt-et-unième siècle. Le message de Noël ne s’adresse pas à l’humanité en général (qui comme telle n’est rien) mais il s’adresse à chaque homme en particulier, comme personne. Il atteint chaque âme, d’une manière unique, exceptionnelle. C’est à moi que l’on dit « Voici que je vous annonce une grande joie… aujourd’hui, il vous est né un Sauveur » (Luc 2, 10-12). C’est à chacun de nous que cette joie est annoncée. C’est pour moi qu’un Sauveur est né. Noël est pour chaque homme un don qu’il faut savoir accueillir et recevoir avec foi et reconnaissance.

La Nativité du Christ dans la simplicité de la grotte et de la crèche déclare avant même toute parole que Dieu veut être compté parmi les plus pauvres, parmi les plus humbles de la terre. On le trouvera donc parmi les déshérités de ce monde leur nombre ne cesse de s’accroître, les malades, les prisonniers, les pêcheurs et toute âme souffrante. Le vrai chrétien ne désire qu’une chose, être pauvre avec Jésus, plutôt qu’être riche sans Jésus. Il préfère habiter dans la grotte avec Jésus, Marie et Joseph, plutôt que dans une hôtellerie ou il n’y aura pas de place pour lui s’il dit qui Il est. Aussi, selon la parole de Jésus enseignant ses disciples, quiconque l’aimera comme Maître doit savoir qu’il n’a pas de place en ce monde car : « le Fils de l’homme n’a pas ou reposer sa tête » (Luc 9,58).

La Nativité du Christ, c’est la fête du corps mystique de tous les baptisés, car c’est par l’Incarnation que les hommes sont devenus membres du Christ. Saint Paul avait bien compris cela lorsqu’il écrivait aux Corinthiens : « Vous êtes le Corps du Christ, et membres chacun pour sa part » (Cor. 1, 12-17). Aussi nous croyons qu’avec l’Incarnation a commencé dans la chair humaine, en Jésus-Christ et les hommes, une union ineffable qui dépasse tout entendement. Car au-delà de l’événement historique qui se produit à Bethléem et par lequel le Fils de Dieu revêt un corps humain visible, un autre événement se produit et celui-là intéresse la race humaine tout entière : Dieu, en s’incarnant, épouse et revêt la nature humaine dont nous sommes participants et crée entre lui et nous une relation qui, sans cesser d’être celle de Créateur à créature, est aussi celle du corps aux membres. Il y a union des deux natures sans confusion. Noël nous permet ainsi de prendre plus profondément conscience de ce qu’est notre propre nature : une nature humaine, régénérée par Jésus-Christ comme le souligne saint Léon-le-Grand : « Reconnais, ô Chrétien, ta dignité et, admis à partager la nature divine, ne reviens pas à ton ancienne bassesse par une manière de vivre dégénérée. Souviens-toi de quelle tête et de quel corps tu es membre ». (Homélie pour la Nativité).

Ainsi, que la Parole de Dieu devienne donc chair en nous, ce lieu créé pour son accueil, qu’elle entre dans notre être et le transforme. Que la force de cette parole passe de l’extérieur à l’intérieur dans nos membres et que la loi de l’Esprit l’emporte sur la loi de la chair. La Nativité du Christ n’aura pour nous un sens réel que si notre propre chair devient transformée, mue et dominée par la Parole faite chair.

À tous sainte fête de la Nativité.

+ Jean, Évêque de Charioupolis, Vicaire Patriarcal et Locum-tenens

Paris, le 23 décembre 2015

Fête paroissiale

Saint Nicolas  Lc 14, 16-24 Cl 3, 4-11

Nous avons reporté à aujourd’hui notre fête paroissiale. Nous fêtons avec quelques joues de retard Saint Nicolas, archevêque de Myre en Lycie et thaumaturge, c’est-à-dire guérisseur, nous fêtons le protecteur de notre paroisse.

Saint Nicolas est né à la fin du 3-ème siècle, vers l’an 260, dans la ville de Patara, au sud de la Turquie actuelle, dans la province antique de Lycie, pas très loin de la ville de Myre dont il est devenu l’archevêque. Saint Nicolas est mort il y a 1670 ans, le 6 décembre 345, à la suite d’une courte maladie.

L’histoire est une science humaine, elle est souvent moins précise que les mathématiques ou la chimie – cela explique pourquoi les dates de naissance et de mort de saint Nicolas varient selon les sources, et pourquoi l’histoire de sa vie, son hagiographie, comme on dit de la vie des saints, est extrêmement « colorée ». Il est difficile de démêler le vrai du faux, ce qui, en fait, a peu d’importance et n’empêche pas qu’il soit un des saints les plus vénérés dans le monde chrétien. Ce dont on est certain est qu’il a succédé à son oncle, archevêque de Myre en Lycie, vers l’an 300 et qu’il a participé au 1-er Concile de Nicée en 325 où il a combattu l’hérésie d’Arius. On lui attribue un très grand nombre de miracles, dont le point commun est la manifestation de l’amour du prochain que Saint Nicolas a manifesté à chaque fois. Il est le protecteur, entre autres, des enfants, des marins, des marchands et de tous ceux qui ont été condamnés injustement. Il est aussi le nôtre. Cette attribution des miracles aux saints est un raccourci. Les saints intercèdent auprès de Dieu, et c’est Dieu qui fait les miracles et non les saints. Dieu écoute les prières des saints et les exauce. L’apôtre Jacques a écrit que « la requête d’un juste (la requête d’une personne proche de Dieu) agissait avec beaucoup de force ». L’apôtre Jean a énoncé les conditions à remplir pour que ces prières soient entendues dans sa première épître : « Si notre cœur ne nous accuse pas, nous nous adressons à Dieu avec assurance ; et quoi que nous Lui demandions, nous l’obtenons de Lui, parce que nous gardons Ses commandements et faisons ce qui Lui plaît ».

Nous sommes loin de satisfaire à ces conditions, et demandons donc l’intercession des saints, de ceux qui sont proches de Dieu, de ceux qui « ont gardé Ses commandements » et qui intercèderont pour nous si ce que nous demandons à Dieu ne va pas à l’encontre de Son projet pour chacun d’entre nous. La prière de nos intercesseurs a plus de chances d’être exaucée que la nôtre, mais cela ne doit pas nous empêcher de joindre nos prières aux leurs. Le Christ a aussi écouté les prières des pécheurs.

Le prophète Jérémie avait ouvert la voie en annonçant au chapitre 28 de son livre de prophéties: «  Moi, Je sais les projets que J’ai formés à votre sujet – oracle du Seigneur – projets de prospérité et non de malheur : Je vais vous donner un avenir et une espérance. Vous M’invoquerez, vous suivrez Ma voie, vous m’adresserez vos prières, et Moi, Je vous exaucerai ».

Il ne nous est pas interdit de demander à Saint Nicolas d’intercéder auprès de Dieu pour qu’Il nous aide dans notre projet de transformation de la grange de Saint André qui nous a été cédée par nos frères catholiques. N’oublions pas que nous sommes en plein carême de Noël. Pour ce qui est des efforts spirituels qui nous sont demandés, ils sont résumés dans l’épître lue aujourd’hui : « Faisons mourir en nous ce qui appartient à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais et cupidité ». (…) « Débarrassons-nous de toute colère, irritation, méchanceté, injures, grossièreté ». (…) Revêtons des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience ». (…) « Et par dessus tout, revêtons l’amour : c’est le lien parfait ». « Et vivons dans la reconnaissance ».

Tout est dit, et ce à quoi invite l’apôtre Paul est plus important que la partie matérielle du carême, même si cette partie matérielle peut nous aider dans les efforts spirituels que nous sommes appelés à fournir en préparation à la Nativité.