L’apôtre et évangéliste Luc

Saint Luc, apôtre et évangéliste. Troyes octobre 2015

         L’apôtre et évangéliste Luc que nous fêtons aujourd’hui fait partie des soixante-dix apôtres choisis par le Christ après la troisième Pâque qu’Il a fêtée à Jérusalem. Le chiffre de 70 est symbolique, il fait référence à deux livres de l’Ancien Testament – au Livre de la Genèse où il est écrit que 70 peuples sont issus de la descendance de Noé (au chapitre 10) et au Livre des Nombres où il est rapporté au chapitre 11 que Moïse a réuni 70 anciens sur qui l’esprit s’est posé afin qu’ils prophétisent. L’auteur du livre des Nombres ajoute que ces anciens n’ont exercé que très peu de temps leur don de prophétie.

         L’apôtre Luc a donc fait partie du collège élargi des disciples du Christ, mais pas du groupe des douze apôtres les plus proches. La Tradition dit que Luc était l’un des deux disciples d’Emmaüs.

         L’apôtre Luc est né à Antioche dans une famille de lettrés de culture grecque. Il a étudié la philosophie et la médecine. Ses études l’auraient poussé à adopter le judaïsme avant qu’il ne devienne disciple du Christ. Des quatre évangiles, c’est le sien dont le style est le plus élégant.

         L’apôtre Luc est aussi l’auteur des Actes des apôtres. Il a été le médecin personnel et le secrétaire de l’apôtre Paul qu’il a accompagné dans ses voyages, et ne l’a quitté ni quand Paul a été assigné à résidence à Césarée, ni quand il a été envoyé à Rome pour y être jugé. C’est à Rome que l’apôtre Luc a rédigé son évangile et les Actes des apôtres sous le contrôle de l’apôtre Paul. Après deux ans de captivité, Paul, toujours accompagné de son médecin et secrétaire a visité un certain nombre d’églises locales avant d’être de nouveau emprisonné à Rome, puis condamné à mort. L’apôtre Luc a alors entrepris une série de voyages, faisant un travail d’évangélisation en Italie, sur la Côte Dalmate, en Gaule, en Macédoine, à Antioche et Alexandrie. Il est mort en martyr, à l’âge de 84 ans, en Grèce centrale, dans la ville de Thèbes, capitale de la Béotie où il a été pendu à un olivier.

         Les premiers historiens chrétiens rapportent qu’en plus de ses dons intellectuels, l’apôtre Paul avait des dons d’artiste. Il aurait peint les trois premières icônes de la Mère de Dieu et les lui aurait présentées.

         Ce fait est rapporté dans l’exapostilaire, c’est-à-dire dans le tropaire qui termine le canon des matines de la fête de l’apôtre Luc : « Saint Luc, bienheureux apôtre du Christ, 
initié aux ineffables mystères et docteur des Gentils, avec le divin Paul et la pure Mère de Dieu, 
dont tu as peint la sainte icône avec amour, intercède pour nous qui vénérons 
et disons bienheureuse ta sainte dormition ».

        L’apôtre Luc a aussi peint des icônes des apôtres Pierre et Paul.

         L’apôtre Luc a fait œuvre d’historien. Il est le seul à avoir aussi longuement évoqué la Mère de Dieu, dont il n’est que très rarement fait mention dans les autres Evangiles. La Mère de Dieu est notre intercesseur numéro 1, mais d’autres justes peuvent également intercéder pour nous auprès de Dieu, car Il écoute la prière des justes. Ne négligeons pas le médecin et apôtre Luc pour qu’il demande la guérison de nos maladies physiques et spirituelles.

Rentrée de septembre

Liturgie du dimanche 20 septembre 2015-09-18

Il est très rare qu’il soit fait mention de l’actualité dans notre liturgie où nous sommes appelés à « déposer les soucis de ce monde », et tout membre du clergé doit respecter une totale neutralité sur le plan politique et doit toutefois prier pour les autorités civiles du pays où il réside. Nous allons faire aujourd’hui une exception à la première règle et je vais vous lire un communiqué de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France qui rassemble tous les évêques orthodoxes canoniques, responsables de communautés dépendant de plusieurs Patriarcats, dont celui dont nous dépendons.

Communiqué de l’Assemblée des Évêques Orthodoxes de France

« N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges » (Hb. 13, 2)

Les évêques membres de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) manifestent leurs plus vives préoccupations face au drame humanitaire qui se déroule aujourd’hui en Méditerranée orientale. Les conflits, notamment dans cette partie du monde, qui nécessitent un règlement, ont poussé de nombreuses populations sur le chemin de l’exil, le plus souvent, au péril de leur vie.

La théologie orthodoxe à l’égard des migrants, des étrangers, des exilés est sans appel. Elle se fonde sur les paroles du Christ lui-même : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35) et donne en exemple les gestes de charité du bon Samaritain (Lc 10, 25-37).

L’AEOF est donc attachée à l’accueil des migrants en France. D’ailleurs, la présence orthodoxe dans le pays est elle-même le fruit de multiples flux migratoires qui, pour des raisons politiques comme économiques, ont poussé des populations d’Asie-Mineure, du Proche-Orient, des Balkans et d’Europe orientale à y trouver refuge. Dans ce contexte de déracinement, en réponse au déchirement de l’exil, ces populations orthodoxes ont trouvé la force de s’intégrer dans un tissu sociopolitique hospitalier, tout en se constituant en diaspora. Car la France reste jusqu’à aujourd’hui un pays d’accueil, lui-même façonné par l’immigration.

La crise migratoire à laquelle la France fait face aujourd’hui ne se limite pas aux frontières de l’Hexagone, mais elle constitue aussi un défi pour l’Europe et au-delà. Il ne pourra y avoir de solidarité véritable avec les migrants, s’il n’existe pas une solidarité préalable entre les États de l’Union européenne, facilitant le partage de l’effort d’accueil et permettant de repenser la question du droit d’asile de manière plus inclusive. En effet, certains pays, comme la Grèce, sont frappés de plein fouet par cette tragique réalité et ont besoin de la mise en place de mécanismes favorisant une approche d’urgence (« hotspot ») pour permettre le traitement rapide des demandes d’asile.

Enfin, l’AEOF soutient les initiatives mises en œuvre par l’État français devant permettre l’accueil des milliers de migrants qui fuient les violences dans leur pays d’origine. Elle félicite tous les organismes politiques, associatifs et religieux, qui s’engagent en faveur de l’accueil des migrants. Elle invite ses fidèles à prier pour la paix dans ces régions du monde où le terrorisme fait rage et à se mobiliser massivement en faveur de ces populations les plus vulnérables.

Paris, le 11 septembre 2015

         Ce communiqué émanant de l’ensemble des évêques orthodoxes dépendant de Patriarcats canoniques ne prête pas à discussion. Il ne s’agit pas d’opinions individuelles et personnelles, mais de la voix de l’Eglise.

Calendrier 2015-2016

Calendrier prévisionnel des offices à Troyes : 2015-2016:

( sauf mention contraire, les vêpres sont célébrées le samedi à 18h00, les liturgies dominicales à 10h30 )

Septembre : samedi 19 / dimanche 20

Octobre : samedi 17 / dimanche18

Novembre : samedi 14 / dimanche15

Décembre : samedi 12 / dimanche13    jeudi 24 (soir) : Offices de la Nativité célébrés par le p. Wladimir Yagello ( horaires à préciser)

Janvier : samedi 16 / dimanche 17

Février : samedi 13 / dimanche14

Mars : début du Grand carême – offices le dimanche 13 à 18h00 : vêpres du Pardon et le  lundi 14 à 18h00 : liturgie des Dons Présanctifiés
Avril : samedi16 / dimanche17,  lundi soir 18 : 18h00 lecture du canon de St André de Crête

Mai : dimanche 1: Offices de Pâques à 18h00        samedi 21 / dimanche 22

Juin : samedi 25 / dimanche 26 : clôture

Saints Pierre et Paul

Saint Pierre et Saint Paul Troyes 2015

Nous fêtons, avec un jour d’avance, les apôtres Pierre et Paul, les coryphées et princes des apôtres. Les deux apôtres ont adressé des épîtres très riches en enseignement aux premières communautés chrétiennes. Ces épîtres ont une telle importance que l’Eglise en propose la lecture systématique tout au long de l’année liturgique. Une phrase écrite par l’apôtre Paul dans sa première épître à Timothée est surprenante. Elle pourrait s’appliquer à nous, mais comment peut-elle s’appliquer à St Paul ? Il écrit : « Le Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier ». C’est cette phrase que nous reprenons à notre compte dans la prière avant la communion que nous disons, tous ensemble, à chaque liturgie.

La première partie de la phrase ne pose aucun problème. Le Christ a affirmé qu’Il était venu sauver les pécheurs et non les justes. Qui étaient les justes de l’époque ? C’étaient ceux qui suivaient les commandements dictés par Dieu à Moïse et les règles consignées dans les premiers livres de la Bible. Et nous savons que le Christ a toujours préféré les pécheurs à ceux qui se sentaient justes. Pourquoi ne préférait-Il pas ceux qui observaient scrupuleusement les règles et avaient évidemment raison de le faire ? Parce qu’ils étaient tentés d’estimer que Dieu leur était alors redevable. Le danger est qu’une personne juive ou chrétienne qui observe tous les commandements puisse croire qu’elle mérite d’être récompensée et que les portes du Royaume lui sont ouvertes.

Ce danger a été souligné par des rabbins qui, utilisent les mêmes mots que ceux de l’Evangile : « Observer les commandements de Dieu n’est pas une garantie de récompense. Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître pour recevoir un salaire » – est-il écrit dans un commentaire rabbinique. Pour nous, chrétiens, au chapitre 17 de l’Evangile de Luc, le Christ prend l’exemple d’un serviteur qui aurait bien labouré le champ de son maître. Il demande à Ses disciples : «  Le maître a-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui avait été ordonné ? » – et sans attendre de réponse, le Christ ajoute : « vous aussi, quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs quelconques. Nous avons fait seulement ce que nous devions faire ». Dans l’Ancien, comme dans le Nouveau testament, nous ne sommes pas appelés à labourer un champ, mais à atteindre, ou en tout cas à chercher à atteindre la perfection. Et nous sommes loin « d’avoir fait tout ce qui nous a été, et nous est ordonné ».

Cela donne un autre éclairage à la fausse polémique sur la priorité qu’il faudrait accorder à la foi ou aux œuvres. Notre foi, comme nos œuvres seront toujours insuffisantes. Si nos mérites pouvaient assurer notre salut, le Christ ne serait pas mort sur la Croix pour assurer le salut des héritiers d’Adam que nous sommes. Et si notre foi était suffisante, nous serions proches de la perfection.

Alors quelle est la solution à nos problèmes spirituels ? Sachant que nous ne serons jamais parfaits, faisons tout pour essayer de l’être, et à chaque fois que nous tomberons, ce qui est largement prévisible, relevons-nous et demandons pardon à Dieu – qui l’accorde toujours. Demandons pardon sans jamais chercher d’excuses, et considérons tous les désagréments qui nous accablent dans notre existence comme mérités. Le p. Nikon Vorobiov, un prêtre russe de la première moitié du 20-ème siècle, écrivait à ses enfants spirituels : « Nous avons une dette envers le Seigneur, une dette que nous ne pourrons rembourser (la dette, ce sont les souffrances et la mort du Christ sur la Croix, et tout ce que nous avons reçu à notre naissance) ». Le p. Nikon poursuit : « Aucun exploit, aucun sacrifice, aucune bonne action ne feront l’affaire ». (…) Supportons les vexations, les reproches, les injustices, (…) acceptons les maladies, et (…) portons les fardeaux les uns des autres, pour compenser ne serait-ce qu’un peu notre manque d’efforts spirituels ».

Pour en revenir à la formule « Le Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier » et pour justifier cette formule, l’on peut s’appuyer sur une autre citation du p. Nikon : « Les saints se repentent jusqu’à leur dernier soupir, car ils se sentent indignes d’être proches de Dieu et donc indignes du Royaume. Alors que plus l’homme est pécheur, moins il voit ses péchés et plus il juge les autres avec sévérité ».

Nous pouvons reformuler cette phrase : « Plus l’homme est proche de la sainteté, plus il voit ses propres péchés et moins il juge son prochain. » A nous d’en tirer les conclusions.

La proscomédie

La proscomédie. Troyes mai 2015

 Quand notre paroisse n’avait pas de site-internet, nous publiions des bulletins paroissiaux, plus ou moins trimestriels. Il y a huit ans l’un de ces bulletins était consacré à la proscomédie. Je pense qu’il serait utile de revenir sur cette question – il s’agit de la phase préparatoire à la liturgie. Elle est indispensable, et cette phase est symbolique, c’est-à-dire qu’elle manifeste de façon concrète des réalités qui ne sont pas visibles à nos yeux, parce que nous sommes très loin de la perfection, parce que, en langue des Evangiles, nous sommes aveugles, ou en tout cas mal-voyants sur le plan spirituel.

Après avoir lu les prières d’entrée, le prêtre entre dans le sanctuaire, il revêt ses vêtements sacerdotaux, puis il se dirige vers la table de préparation, située à gauche de l’autel. Il commence à célébrer la proscomédie, la préparation à la liturgie. Il prend l’un des cinq pains ronds, nécessaires à la liturgie. Ces cinq pains levés sont faits à partir d’une farine blanche, de levure et d’eau. Ils sont constitués de deux parties superposées. Chacune de ces parties représente l’une des deux natures du Christ, complètement homme et complètement Dieu.

Le prêtre découpe le premier pain des quatre côtés, puis il en découpe le fond et pose le cube obtenu au milieu de la patène. C’est l’Agneau qui symblise le Christ, c’est l’Agneau qui servira à la communion du clergé et des fidèles.

Ensuite, il découpe une parcelle triangulaire dans un second pain et la dépose sur la patène, à la droite de l’Agneau. Cette parcelle symbolise, cette parcelle représente la Mère de Dieu, la Mère du Christ.

Le prêtre prélève ensuite neuf petites parcelles d’un troisième pain qu’il dispose à gauche de l’Agneau. Chacune de ces parcelles symbolise l’une des neuf catégories de saints, dont il cite un certain nombre de noms.

En prélevant la première parcelle, le célébrant mentionne le prophète et précurseur Jean Baptiste.

         En prélevant la seconde, il mentionne les prophètes Moise, Aaron, Elie, Isaïe, David, Jessé, Daniel et tous les prophètes.

En prélevant la troisième parcelle, le prêtre mentionne les apôtres Pierre et Paul et les autres apôtres.

En prélevant la quatrième parcelle, il mentionne les saints évêques, les hiérarques et les docteurs de la foi Basile le Grand, Grégoire le théologien, Jean Chrysostome, Irénée de Lyon, Hilaire de Poitiers, Germain d’Auxerre, Martin de Tours et un certain nombre d’autres grands docteurs de la foi.

En prélevant la cinquième parcelle, il mentionne une série de martyrs.

La sixième parcelle symbolise les pères théophores, c’est à dire porteurs de Dieu, les moines Antoine, Benoît, Serge de Radonège, Séraphin de Sarov, et des moniales, dont Marie l’Egyptienne.

La septième parcelle symbolise les saints thaumaturges, les guérisseurs anargyres, qui soignaient gratuitement. Il cite Côme, Damien, saint Pantaléon et d’autres saints guérisseurs.

En prélevant la huitième parcelle, le prêtre commémore ceux qu’on appelle les Ancêtres de Dieu, Joachim et Anne, le ou les saints patrons de l’église où il célèbre, les saints du jour mentionnés dans le calendrier et les saints qu’il a envie de commémorer.

La neuvième et dernière parcelle du troisième pain est prélevée en mémoire de l’auteur de la liturgie qui est célébrée – saint Jean Chrysostome ou saint Basile le Grand.

Il reste deux pains : la quatrième, et la cinquième et dernière prosphore.

Le prêtre découpe deux parcelles dans la quatrième prosphore – une première parcelle en commémorant ses autorités ecclésiastiques, le patriarche et l’évêque dont il dépend, et une seconde parcelle pour le pays où la liturgie est célébrée, ses autorités civiles et sa population, et il dispose les parcelles sur la patène devant l’Agneau.

Et enfin, le prêtre découpe une parcelle dans la cinquième prosphore en commémorant les défunts patriarches, les fondateurs de l’église où il célèbre et tous les défunts et il pose la parcelle également devant l’Agneau.

Ensuite le prêtre prélève des parcelles pour tous les vivants et tous les défunts qu’il désire commémorer. Il dépose ces parcelles sur la patène devant le Christ, devant l’Agneau qui servira pour la communion.

Ensuite, et c’est là que vous intervenez, les fidèles présents apportent leurs dyptiques, c’est à dire les listes de vivants et de défunts, avec une petite prosphore, qu’ils peuvent se procurer à la table où l’on vend les cierges. Le prêtre prélève des parcelles pour les vivants et les défunts, dont les paroissiens lisent les prénoms à haute voix. Tous seront associés à la liturgie et le prêtre demandera à la fin de l’office que Dieu efface leurs péchés.

Les paroles exactes sont : «  Lave, Seigneur, par Ton sang précieux, les péchés de Tes serviteurs dont il a été fait mémoire ici, par les prières de Tes saints. » Vous aurez été des co-célébrants.

Pour résumer, sur la patène, l’Agneau, c’est à dire le Christ est entouré par l’Eglise tout entière qui est rassemblée autour du Christ à chaque liturgie, partout où elle est célébrée.

La lecture des dyptiques se faisant en dehors de l’autel, avant le début de la liturgie de la parole, tout le monde peut s’approcher, de la table de préparation des Dons en apportant ses prosphores, pour lire à haute voix les noms figurant sur les dyptiques, les listes remplies au préalable. Pour ceux qui arrivent en retard ou juste pour le début de la liturgie, tout le monde n’habite pas près de l’église, la lecture des dyptiques peut se faire pendant que le chœur chante les antiennes, après la grande et les deux petites litanies du début de la liturgie, et ensuite juste pendant le chant de l’hymne des chérubins, juste avant la grande entrée, quand le prêtre transfère les dons de la table de préparation à l’autel.

Ne négligez pas cette dernière possibilité. C’est loin d’être la solution idéale, mais c’est mieux que de ne pas le faire.

Attention, les horaires des offices de Pâques ont été modifiés: la célébration des matines de Pâques, suivies de la liturgie pascale, commencera le dimanche 12 avril à 18h00 et non à 18h30, comme il était indiqué précédemment. Les célébrations seront suivies d’agapes pascales – chacun apporte ce qu’il peut et ce qu’il sait faire.

A bientôt, au dimanche 12 avril à 18h00 et bonne et joyeuse fin de carême !

Пасхальная заутреня начнётся в воскресенье 12-ого апреля в 18ч.00. После пасхальной литургии разговление в помещении при церкви.

4-ème dimanche de carême

4-ème dimanche de carême Hb 6, 13-20 Mc 9, 17-31 Troyes

Nous avons célébré les vêpres du Pardon il y a quatre semaines. Elles ont marqué notre entrée en carême et nous ont rappelé que le pardon des offenses était une des conditions essentielles de notre salut. Le lendemain, nous avons célébré une liturgie des Dons présanctifiés. En semaine, pendant le Grand carême, on ne célèbre ni la liturgie de St Jean Chrysostome, ni celle de St Basile, car elles ont toutes les deux un caractère festif. En revanche, là où c’est possible, on célèbre chaque jour des vêpres. Pour que les fidèles et le clergé puissent communier en semaine, les mercredis et vendredis soirs, les vêpres peuvent être suivies de la liturgie des Présanctifiés. La rédaction de cette liturgie est attribuée au Pape Saint Grégoire-le-grand, un saint de la fin du 6-ème siècle, un saint commun aux Eglises catholique et orthodoxe. L’aspect pénitentiel de la liturgie des Présanctifiés est marqué. Les vêtements et les linges liturgiques sont noirs. Les lectures psalmodiées des psaumes et d’extraits de l’Ancien testament sont nombreuses. Les chants sont exécutés par le chœur sur des mélodies de carême, en mode mineur, et la Grande entrée se fait en silence. Nous avons célébré cette liturgie à la place de la Lecture du canon de saint André de Crête. Il fallait que la communauté de Troyes ne soit pas privée de sa liturgie mensuelle et qu’elle puisse participer à des offices spécifiques au Grand-carême. Cela a été le cas également hier soir, puisque nous avons célébré l’office d’onction des malades qui nous a rappelé que la chute du premier homme avait eu pour conséquence la transmission d’une maladie héréditaire. Cette maladie spirituelle, nous en sommes tous malades, même si nous n’en avons pas conscience. Nous avons hérité en même temps de deux sortes de « gênes » présents dans notre ADN spirituel, l’un positif, l’autre négatif, qui nous ont été donnés à la naissance. L’enfant qui naît a, comme Adam, été créé à l’image de Dieu et à Sa ressemblance, qu’il est appelé à conserver et à développer. Cette aspiration au Bien est « le gêne positif ».

Malheureusement, le même enfant, au fur et à mesure qu’il perd son innocence première, est, de plus en plus, sujet à ce que les Pères de l’Eglise appellent les passions. Pour résumer ce qui est l’objet d’un ouvrage de 848 pages, consacré au traitement, à la thérapeutique des maladies spirituelles – nous avons plus de facilité à faire le mal que le bien. Le « gêne négatif » semble plus puissant que le « gêne positif ». Et lorsque nous réussissons parfois à résister quelques temps à l’attrait du mal, présenté avec beaucoup de séduction par le Malin, nous gâchons tout en éprouvant une satisfaction sournoise et destructrice. L’orgueil est la passion la plus dangereuse. Le danger est d’autant plus grand que l’orgueil se manifeste de façons extrêmement différentes, souvent difficiles à déceler.

Alors, comment rétablir l’image de Dieu en nous, et que devons-nous faire pour acquérir la ressemblance ? Quels sont les traitements pour nos maladies spirituelles ? Il y en a plusieurs, et ils se complètent. Le Grand carême est la période idéale pour cette thérapie de choc.

C’est d’abord la fréquentation assidue des offices, en particulier, celle des offices spécifiques au Grand carême. « L’offre » de ces offices est malheureusement très limitée à Troyes. Il est recommandé à ceux qui le peuvent de se rendre le plus souvent possible au Monastère de Bussy-en-Othe et de faire profiter les paroissiens non-motorisés de leur voiture.

Nous-nous sommes demandé pardon le jour de l’entrée en carême. Cela a été un bon début. Continuons de fournir des efforts dans le domaine de l’amour du prochain. Fixons-nous comme but de ne pas le juger. Le p. Alexandre Men’ demandait à ses paroissiens de se livrer à une expérience très instructive – ils devaient essayer pendant au moins une journée de ne juger personne. Le soir, ils constataient l’étendue de la catastrophe. Pendant les sept semaines que dure la période de préparation à Pâques, il faudrait que nous arrêtions de juger notre prochain en permanence, et que cela devienne un réflexe … Alors, à chaque chute, parce que nous ne sommes pas meilleurs que les fidèles du p. Alexandre, relevons-nous et continuons de fournir des efforts, sans sombrer dans le découragement.

En plus du traitement de fond, trois médicaments spirituels, au moins, sont à notre disposition. Il y a l’onction des malades, proposée hier soir. Il y a le renouvellement de notre baptême, qu’est la confession des péchés. Le sacrement de pénitence, qui les efface, est proposé toute l’année, mais il est un passage obligé pendant le Grand carême.

Le troisième médicament est la communion aux Saintes Espèces. Quand il n’y a qu’une seule possibilité par mois de communier – on ne peut se permettre de la négliger. Si votre conscience vous fait hésiter, parce que vous estimez ne pas être prêts, sachez que personne n’est prêt, personne n’est vraiment digne de communier – l’enfant prodigue de la parabole a été reçu par son père, alors même qu’il n’avait pas encore demandé pardon. Si vous vous sentez « enfant prodigue », vous avez raison, et si vous n’avez pas eu le temps de vous confesser avant le début de la liturgie, venez tout de même communier, vous régulariserez votre situation spirituelle par une confession après le passage à la croix

Tous ces traitements, tous ces médicaments spirituels sont à compléter par une ascèse raisonnable, par la prière et la lecture des Ecritures et de livres spirituels. En plus de la relecture des Evangiles, l’Eglise propose celle de la Genèse et du livre des Proverbes. On ajoute traditionnellement la lecture des psaumes.

Bonne continuation du carême à tous !

Guérison d’un aveugle à Jéricho

1 Tm, 1, 15-17 Lc. 18, 35-43

 L’évangile d’aujourd’hui rapporte la guérison d’un aveugle à Jéricho en Judée. Le miracle est rapporté sous forme d’un dialogue. Un aveugle entend passer une foule et apprenant qu’elle entoure le Christ, demande par deux fois qu’Il le prenne en pitié. Le Christ l’interroge alors sur ce qu’il attend de Lui. L’aveugle répond qu’il veut recouvrer la vue. Il Le croit capable de le faire et sa foi conditionne le miracle. Il est dit qu’ensuite le miraculé suivit Jésus en rendant gloire à Dieu. L’on peut supposer qu’il est devenu disciple du Christ, l’évangéliste Marc cite son nom – Bartimée. En conclusion, il est dit que voyant cela, tout le peuple fit monter sa louange.

En quoi ce récit nous concerne-t-il ? En tout. Le Christ a dit qu’Il n’était pas venu pour sauver les justes, mais les pécheurs, non les bien-portants, mais les malades, non les voyants, mais les aveugles – sachant qu’en fait, personne n’est vraiment juste. Nous sommes tous malades sur le plan spirituel, nous sommes tous aveugles. Si nous pensons le contraire, si nous pensons que tout va à peu près bien dans notre relation avec Dieu, nous nous trompons lourdement et notre vue est plus mauvaise que celle de l’aveugle de l’évangile d’aujourd’hui.

Alors, que Dieu attend-Il de nous ? Il suffit de reproduire le schéma de l’extrait de l’Evangile que nous venons d’entendre. Il attend de nous que nous nous adressions à Lui par notre prière individuelle et collective, que nous fassions le premier pas, parce que nous sommes libres et que Dieu ne force jamais la main. Il attend de nous que nous prenions conscience de notre faiblesse et de notre imperfection et demandions notre guérison et la voulions vraiment. Il attend de nous que nous ayons une foi suffisante en la possibilité de cette guérison. Il attend que cette guérison soit suivie d’effets dans notre vie, que nous suivions le Christ et assimilions Son enseignement. En un mot, Il attend notre conversion afin que nous soyons la lumière du monde et qu’en voyant notre métamorphose, le monde entier se convertisse, se tourne vers Lui.

La conversion est difficile. Elle suppose que nous fassions notre état des lieux spirituel, sans concession, et acceptions le verdict avec humilité. Elle suppose que nous ayons une confiance totale en Dieu. L’apôtre Jacques rappelle dans son épître que « nous devons demander à Dieu la sagesse qui nous manque, avec foi, sans éprouver le moindre doute, car celui qui doute ressemble à la houle marine que le vent soulève, (…) et qu’on n’imagine pas que le Seigneur donnera quoi que ce soit à un homme partagé, fluctuant dans toutes ses démarches ». Nous ne pouvons que reprendre les paroles du père de l’enfant possédé : « Je crois, Seigneur ! Viens au secours de mon manque de foi ! »

La conversion suppose enfin que nous aimions notre prochain et ne souhaitions jamais de mal à nos ennemis.

Si nous parvenons à aimer notre prochain, à ne pas juger, à nous laisser guider dans notre vie par le discours sur la Montagne, par les Béatitudes, alors nous pourrons peut-être espérer participer à l’évangélisation du monde à laquelle le Christ appelle tous les chrétiens dans les derniers mots de l’Evangile de Matthieu. Ne soyons pas un contre-témoignage. C’est ce à quoi appelle Saint Paul quand il recommande aux Ephésiens de « vivre en enfants de lumière ». Il ajoute que « le fruit de la lumière s’appelle bonté, justice et vérité ».